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23/07/2008 13:21
Gildas Morvan remporte le Prologue Suzuki, François Gabart premier bizuth
Après 2h30 de course, sur un parcours côtier de 17 milles disputé dans 15 à 20 noeuds de vent, Gildas Morvan s'impose dans le prologue Suzuki. Le skipper de Cercle Vert a franchi la ligne d'arrivée à 13h31 devant Nicolas Bérenger (Koné Ascenseurs) et Eric Drougalzet (Luisina). Le premier bizuth, François Gabart (Espoir Région Bretagne) réussit une très belle opération en terminant 7e.
La Succession est ouverte !
En l’absence de Michel Desjoyaux, tenant du titre, Frédéric Duthil, Corentin Douguet et Gildas Morvan rêvent d’inscrire leur nom au palmarès d’une Solitaire 2008 où tout se jouera dans la dernière étape.
par Guillaume Loisy, le 22-07-2008Il y a tout juste un an, Michel Desjoyaux entrait dans la légende de la Solitaire du Figaro en remportant la course pour la 3e fois comme Jean Le Cam et Philippe Poupon avant lui. Mich’Desj n’aura pas l’occasion de marquer un peu plus l’histoire cette année puisqu’il a décidé de faire l’impasse sur la Solitaire. Le «Boss» se consacre en effet à la préparation du Vendée Globe dont il prendra le départ le 9 novembre prochain sur Foncia, avec pour objectif une deuxième victoire au sommet de l’Everest marin, ce qui n’a jamais été réalisé auparavant. Ne comptez pas sur la concurrence pour pleurer l’absence du maître. Cela fait toujours un favori de moins. Frédéric Duthil (33 ans, 5e participation) et Corentin Douguet (34 ans, 3e participation), respectivement 2e et 3e l’an dernier, veulent ainsi en profiter pour remporter à leur tour la prestigieuse course. Souvent placé mais jamais gagnant (3 podiums), Gildas Morvan (39 ans) rêve aussi de tutoyer les étoiles, lui qui prendra le départ de sa 13e Solitaire. Un chiffre porte-bonheur pour le skipper de Cercle Vert ?
Retour aux sources
A l’aube de ses 40 ans, la course s’est
offert un petit lifting avec un retour à trois étapes contre quatre
habituellement. Un format qui était le sien jusqu’en 1974, du temps du
journal L’Aurore. Une étape à la trappe ne signifie pas moins
de chemin à parcourir pour les 50 figaristes puisque 1880 milles sont
au programme contre 1661 l’an dernier. La flotte prendra le départ de
La Rochelle vendredi direction le port de Vigo en Espagne. Un trajet
inaugural des plus classiques long de 465 milles avec la traversée du
Golfe de Gascogne et le cap Finisterre à négocier. Les Figaro Bénéteau
2 seront davantage éprouvés lors de la 2e étape entre Vigo et
Cherbourg. Cap Finisterre, Golfe de Gascogne, Raz de Sein,
Jersey-Guernesey et le Raz Blanchard… Le remue-méninges sera aussi
intense que le sommeil sera précaire.
Une 3e étape record
Mais ce n’est rien comparé à la 3e et
dernière étape, la plus longue de l’histoire de la course avec 825
milles au programme ! Direction la pointe de la Cornouaille anglaise
pour une remontée plein nord vers l’Ile de Man. La flotte basculera
ensuite vers le Sud côté irlandais ou gallois, traversera une nouvelle
fois la Mer Celtique et la Manche pour rallier l’Aber Wrac’h, port
d’arrivée de cette ultime étape aux allures de record. «Les deux
premiers parcours, de La Rochelle à Vigo puis celui vers
Cherbourg-Octeville sont classiques, avec des parties au large et
d'autres côtières. Le dernier, lui, est hors normes. 825 milles. Ça, on
sait faire en solitaire, mais la complication vient du fait que l'on
sera en permanence près des côtes. Avec la présence de forts courants,
des pêcheurs, du brouillard possible le long de l'Angleterre vers L'île
de Man. Créant des dangers capables de générer des écarts en temps plus
que conséquents. On peut y découvrir nos limites», prévient Corentin Douguet dans Le Figaro. Aux solitaires de savoir les repousser.
Les paupières de Clara s’entrouvrirent peu à peu, guidées par les chants des oiseaux. Clara ramena le drap vers elle et couvrit ses épaules ; son regard se dirigea vers la fenêtre dont elle n’avait pas fermé les volets hier au soir. Après quelques instants, elle se leva. Elle ouvrit la fenêtre avec grâce et précaution, pour mieux écouter les dialogues des bavards ailés.
Une odeur marine arriva jusqu’à elle. Au même moment, en pleine mer, quelque part où l’homme n’a jamais été, au milieu des cultures aquatiques, un dauphin s’amusait, comme tous les jours, à améliorer ses impulsions acoustiques et son audition. Il perçut des sons d’un autre monde qu’il ne connaissait pas bien et pour s’en approcher encore davantage, il orienta son corps dans son vaste espace à trois dimensions. Son univers mental empli d’une liberté riche et abondante, organisa les informations et les images. Il dirigea magistralement le faisceau de son écoute et de sa vision, à tel point qu’il réussit à atteindre intégralement puis à toucher les ondes de l’âme de Clara.
Parce que le dauphin aime les alliances, la communication et la découverte de nouvelles consciences, il partagea son expérience avec son peuple. Dans les eaux bleutées et chaudes, le dauphin, émerveillé par ce qu’il venait de découvrir, suivit Clara, sans se soucier du temps qu’il passerait en sa compagnie. Il écouta les voix de Clara, transmit les messages à ses amis, planta ses repères dans son espace liquide et perpétuellement mouvant. Il devint ainsi le spectateur des pensées et de l’esprit de Clara, plongé au cœur même de ses sens et de ses émotions, là où aucun humain n’avait jamais été :
* * *
françoise Bachmann lien
tout comme le violon prend le sien avec l'archet qui le touche ..."
Préface ...PRÉFACE
Texte intégral de la préface à "Poète... vos papiers!", écrite par Ferré en 1956
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La poésie contemporaine ne chante plus. Elle rampe. Elle a cependant le privilège de la distinction, elle ne fréquente pas les mots mal famés, elle les ignore. Cela arrange bien des esthètes que François Villon ait été un voyou. On ne prend les mots qu'avec des gants: à "menstruel" on préfère "périodique", et l'on va répétant qu'il est des termes médicaux qui ne doivent pas sortir des laboratoires ou du codex. Le snobisme scolaire qui consiste à n'employer en poésie que certains mots déterminés, à la priver de certains autres, qu'ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques, me fait penser au prestige du rince-doigts et du baise-main. Ce n'est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baise-main qui fait la tendresse. Ce n'est pas le mot qui fait la poésie, c'est la poésie qui illustre le mot. L'alexandrin est un moule à pieds. On n'admet pas qu'il soit mal chaussé, traînant dans la rue des semelles ajourées de musique. La poésie contemporaine qui fait de la prose en le sachant, brandit le spectre de l'alexandrin comme une forme pressurée et intouchable. Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s'ils ont leur compte de pieds ne sont pas des poètes: ce sont des dactylographes. Le vers est musique; le vers sans musique est littérature. Le poème en prose c'est de la prose poétique. Le vers libre n'est plus le vers puisque le propre du vers est de n'être point libre. La syntaxe du vers est une syntaxe harmonique - toutes licences comprises. Il n'y a point de fautes d'harmonie en art; il n'y a que des fautes de goût. L'harmonie peut s'apprendre à l'école. Le goût est le sourire de l'âme; il y a des âmes qui ont un vilain rictus, c'est ce qui fait le mauvais goût. Le Concerto de Bela Bartok vaut celui de Beethoven. Qu'importe si l'alexandrin de Bartok a les pieds mal chaussés, puisqu'il nous traîne dans les étoiles! La Lumière d'où qu'elle vienne EST la Lumière...En France, la poésie est concentrationnaire. Elle n'a d'yeux que pour les fleurs; le contexte d'humus et de fermentation qui fait la vie n'est pas dans le texte. On a rogné les ailes à l'albatros en lui laissant juste ce qu'il faut de moignons pour s'ébattre dans la basse-cour littéraire. Le poète est devenu son propre réducteur d'ailes, il s'habille en confection avec du kapok dans le style et de la fibranne dans l'idée, il habite le palier au-dessus du reportage hebdomadaire. Il n'y a plus rien à attendre du poète muselé, accroupi et content dans notre monde, il n'y a plus rien à espérer de l'homme parqué, fiché et souriant à l'aventure du vedettariat. Le poète d'aujourd'hui doit être d'une caste, d'un parti ou du Tout-Paris. Le poète qui ne se soumet pas est un homme mutilé. Enfin, pour être poète, je veux dire reconnu, il faut "aller à la ligne". Le poète n'a plus rien à dire, il s'est lui-même sabordé depuis qu'il a soumis le vers français aux diktats de l'hermétisme et de l'écriture dite "automatique". L'écriture automatique ne donne pas le talent. Le poète automatique est devenu un cruciverbiste dont le chemin de croix est un damier avec des chicanes et des clôtures: le five o'clock de l'abstraction collective. La poésie est une clameur, elle doit être entendue comme la musique. Toute poésie destinée à n'être que lue et enfermée dans sa typographie n'est pas finie; elle ne prend son sexe qu'avec la corde vocale tout comme le violon prend le sien avec l'archet qui le touche. Il faut que l'oeil écoute le chant de l'imprimerie, il faut qu'il en soit de la poésie lue comme de la lecture des sous-titres sur une bande filmée: le vers écrit ne doit être que la version originale d'une photographie, d'un tableau, d'une sculpture. Dès que le vers est libre, l'oeil est égaré, il ne lit plus qu'à plat; le relief est absent comme est absente la musique. "Enfin Malherbe vint..." et Boileau avec lui... et toutes les écoles, et toutes les communautés, et tous les phalanstères de l'imbécillité! L'embrigadement est un signe des temps, de notre temps. Les hommes qui pensent en rond ont les idées courbes. Les sociétés littéraires sont encore la Société. La pensée mise en commun est une pensée commune. Du jour où l'abstraction, voire l'arbitraire, a remplacé la sensibilité, de ce jour-là date, non pas la décadence qui est encore de l'amour, mais la faillite de l'Art. Les poètes, exsangues, n'ont plus que du papier chiffon, les musiciens que des portées vides ou dodécaphoniques - ce qui revient au même, les peintres du fusain à bille. L'art abstrait est une ordure magique où viennent picorer les amateurs de salons louches qui ne reconnaîtront jamais Van Gogh dans la rue... Car enfin, le divin Mozart n'est divin qu'en ce bicentenaire! Mozart est mort seul, accompagné à la fosse commune par un chien et des fantômes. Qu'importe! Aujourd'hui le catalogue Koechel est devenu le Bottin de tout musicologue qui a fait au moins une fois le voyage à Salzbourg! L'art est anonyme et n'aspire qu'à se dépouiller de ses contacts charnels. L'art n'est pas un bureau d'anthropométrie. Les tables des matières ne s'embarrassent jamais de fiches signalétiques... On sait que Renoir avait les doigts crochus de rhumatismes, que Beethoven était sourd, que Ravel avait une tumeur qui lui suça d'un coup toute sa musique, qu'il fallut quêter pour enterrer Bela Bartok, on sait que Rutebeuf avait faim, que Villon volait pour manger, que Baudelaire eut de lancinants soucis de blanchisseuse: cela ne représente rien qui ne soit qu'anecdotique. La lumière ne se fait que sur les tombes. Avec nos avions qui dament le pion au soleil, avec nos magnétophones qui se souviennent de "ces voix qui se sont tues", avec nos âmes en rade au milieu des rues, nous sommes au bord du vide, ficelés dans nos paquets de viande, à regarder passer les révolutions. Le seul droit qui reste à la poésie est de faire parler les pierres, frémir les drapeaux malades, s'accoupler les pensées secrètes. Nous vivons une époque épique qui a commencé avec la machine à vapeur et qui se termine par la désintégration de l'atome. L'énergie enfermée dans la formule relativiste nous donnera demain la salle de bains portative et une monnaie à piles qui reléguera l'or dans la mémoire des westerns... La poésie devra-t-elle s'alimenter aux accumulateurs nucléaires et mettre l'âme humaine et son désarroi dans un herbier? Nous vivons une époque épique et nous n'avons plus rien d'épique. A New York le dentifrice chlorophylle fait un pâté de néon dans la forêt des gratte-ciel. On vend la musique comme on vend le savon à barbe. Le progrès, c'est la culture en pilules. Pour que le désespoir même se vende, il ne reste qu'à en trouver la formule. Tout est prêt: les capitaux, la publicité, la clientèle. Qui donc inventera le désespoir? Dans notre siècle il faut être médiocre, c'est la seule chance qu'on ait de ne point gêner autrui. L'artiste est à descendre, sans délai, comme un oiseau perdu le premier jour de la chasse. Il n'y a plus de chasse gardée, tous les jours sont bons. Aucune complaisance, la société se défend. Il faut s'appeler Claudel ou Jean de Létraz, il faut être incompréhensible ou vulgaire, lyrique ou populaire, il n'y a pas de milieu, il n'y a que des variantes. Dès qu'une idée saine voit le jour, elle est aussitôt happée et mise en compote, et son auteur est traité d'anarchiste. Divine Anarchie, adorable Anarchie, tu n'es pas un système, un parti, une référence, mais un état d'âme. Tu es la seule invention de l'homme, et sa solitude, et ce qui lui reste de liberté. Tu es l'avoine du poète. A vos plumes poètes, la poésie crie au secours, le mot Anarchie est inscrit sur le front de ses anges noirs; ne leur coupez pas les ailes! La violence est l'apanage du muscle, les oiseaux dans leurs cris de détresse empruntent à la violence musicale. Les plus beaux chants sont des chants de revendication. Le vers doit faire l'amour dans la tête des populations. A l'école de la poésie, on n'apprend pas: on se bat. Place à la poésie, hommes traqués! Mettez des tapis sous ses pas meurtris, accordez vos cordes cassées à son diapason lunaire, donnez-lui un bol de riz, un verre d'eau, un sourire, ouvrez les portes sur ce no man's land où les chiens n'ont plus de muselière, les chevaux de licol, ni les hommes de salaires. N'oubliez jamais que le rire n'est pas le propre de l'homme, mais qu'il est le propre de la Société. L'homme seul ne rit pas; il lui arrive quelquefois de pleurer. N'oubliez jamais que ce qu'il y a d'encombrant dans la morale, c'est que c'est toujours la morale des autres. Je voudrais que ces quelques vers constituent un manifeste du désespoir, je voudrais que ces quelques vers constituent pour les hommes libres qui demeurent mes frères un manifeste de l'espoir. préface Léo audio exceptionnel cliquez !!!!
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Texte condensé enregistré par Ferré en 1971
La poésie
contemporaine ne chante plus... Elle rampe
Elle a cependant le privilège de la distinction...
Elle ne fréquente pas les mots mal famés... elle les ignore
On ne prend les mots qu'avec des gants : à "menstruel" on préfère
"périodique", et l'on va répétant qu'il est des termes médicaux qui ne
doivent pas sortir des laboratoires et du Codex.
Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n'employer que certains mots déterminés, à la priver de certains autres, qu'ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques, me fait penser au prestige du rince-doigts et du baisemain.
Ce n'est pas le
rince-doigts qui fait les mains propres ni le baisemain qui fait la
tendresse.
Ce n'est pas le mot qui fait la poésie, mais la poésie qui illustre le
mot.
Les écrivains qui ont recours à leurs doigts pour savoir s'ils ont leur compte de pieds, ne sont pas des poètes, ce sont des dactylographes.
Le poète
d'aujourd'hui doit être d'une caste, d'un parti ou du Tout-Paris.
Le poète qui ne se soumet pas est un homme mutilé.
La poésie est une
clameur. Elle doit être entendue comme la musique.
Toute poésie destinée à n'être que lue et enfermée dans sa typographie,
n'est pas finie. Elle ne prend son sexe qu'avec la corde vocale, tout
comme le violon prend le sien avec l'archet qui le touche.
L'embrigadement est
un signe des temps.
De notre temps
Les hommes qui
pensent en rond ont les idées courbes.
Les sociétés littéraires c'est encore la Société.
La pensée mise en commun est une pensée commune.
Mozart est mort seul,
Accompagné à la fosse commune par un chien et des fantômes.
Renoir avait les doigts crochus de rhumatismes.
Ravel avait dans la tête une tumeur qui lui suça d'un coup toute sa
musique.
Beethoven était sourd.
Il fallut quêter pour enterrer Béla Bartok.
Rutebeuf avait faim.
Villon volait pour manger.
Tout le monde s'en fout...
L'Art n'est pas un bureau d'anthropométrie !
La Lumière ne se fait que sur les tombes...
Nous vivons une
époque épique et nous n'avons plus rien d'épique
La musique se vend comme le savon à barbe.
Pour que le désespoir même se vende il ne reste qu'à en trouver la
formule.
Tout est prêt :
Les capitaux
La publicité
La clientèle
Qui donc inventera le désespoir ?
Avec nos avions qui
dament le pion au soleil,
Avec nos magnétophones qui se souviennent de "ces voix qui se sont tues",
Avec nos âmes en rade au milieu des rues,
Nous sommes au bord du vide,
Ficelés dans nos paquets de viande,
A regarder passer les révolutions
N'oubliez jamais que
ce qu'il y a d'encombrant dans la Morale,
C'est que c'est toujours la Morale des autres.
Les plus beaux chants
sont des chants de revendications
Le vers doit faire l'amour dans la tête des populations.
A L'ÉCOLE DE LA
POÉSIE ON N'APPREND PAS
ON SE BAT !
